Présidentielle 2012 sur le web et les réseaux

1 Août

C’est sûr, le numérique allait changer la face de la campagne présidentielle 2012. Lorsqu’on regarde les chiffres des dépenses de chaque candidat pour le numérique, il y a pourtant quelques surprises…

 

Cela aura donc été la grande nouveauté d’une campagne présidentielle finalement très classique : l’irruption du web et des réseaux dans les stratégies de compagne des candidats.

Alors que chaque candidat important, c’est-à-dire ayant de véritables chances de figurer au second tour, mettait en place de vraies équipes et investissait le web, Facebook, Twitter et à peu près tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un réseau social, le débat a fait rage. La présidentielle 2012 allait-elle se jouer en ligne ?
Dès septembre 2011, j’affichais ici un certain scepticisme, pour ne pas dire plus…

Maintenant, il est temps de relever les compteurs et de voir si le numérique a vraiment jouer un rôle déterminant dans cette campagne.
Pour cela, il est intéressant de scruter en détail les comptes de campagne de chaque candidats, qui viennent d’être rendus publics (à consulter intégralement à la fin de ce billet).

Qui a dépensé le plus pour sa campagne en ligne ? Nicolas Sarkozy

Pas vraiment de surprise, c’est Nicolas Sarkozy qui a été le plus dépensier en la matière avec 1 331 846€ consacrés aux  » sites internet et services télématiques  » (on appréciera au passage les intitulés officiels doucement surannés). Soit, à lui seul, presque autant que Jean-Luc Mélechon, qui se classe, de façon assez surprenante en seconde position, et François Bayrou qui monte sur la troisième marche.

Et oui, François Hollande, le vainqueur de la campagne n’arrive qu’en 4è position 549 251€ dans sa campagne numérique. De quoi apporter un premier élément de réponse à notre question…

Capture d'écran 2012-08-01 à 11.30.22

Mais les chiffres bruts ne sont pas forcément les plus parlant. Il est évidemment plus facile pour Nicolas Sarkozy ou François Hollande d’afficher des dispositifs numériques très complets avec leurs budgets de campagne respectifs.
Pour savoir qui a cru le plus aux effets du numérique pour booster sa campagne, il faut ramener ces dépenses au budget de campagne total de chaque candidat.

Qui a cru le plus dans le web et les réseaux pour sa campagne ? François Bayrou

Surprise, c’est François Bayrou. Avec 8,6% de son budget de campagne consacré au numérique, il arrive assez largement en tête, devant Jean-Luc Mélenchon (7,5%) et Nicolas Sarkozy.
Nathalie Arthaud, quand à elle, arrive quatrième (4,3%) devant Marine Le Pen (3%). Et là encore, on voit que le vainqueur, François Hollande, n’a pas tellement cru aux effets du web et des réseaux pour lui faire gagner des voix puisqu’il n’y a finalement investit que 2,5% de son budget de campagne. Loin, très loin derrière les bonnes vieilles méthodes de communication électorales que sont la « propagande imprimée » qui a représenté 19% de ses dépenses. Les tracts et autres lettres aux Français ont encore de beaux jours devant eux face aux tweets et statuts Facebook…
Au final, le candidat socialiste n’aura fait du numérique que son quatrième poste de dépenses de communicatiion, derrière les réunions publiques bien sûr, les tracts et les clips audiovisuels.

Capture d'écran 2012-08-01 à 10.08.23

Combien a coûté la campagne numérique au total ? 5% des budgets de campagne

Au total, les 10 candidats ont dépensé affirment avoir dépenser 3 557 349 € pour leur campagne numérique. Soit moins de 5% des près de 75 millions d’euros qu’aura coûté au total cette élection présidentielle.
Bien sûr, il faut conserver une certaine prudence avec ces chiffres, puisqu’ils ne s’agit que des déclarations des équipes de campagne elle-même. Et si personne n’aurait l’idée de remettre en cause leur légendaire sincérité, ceux-ci doivent encore être vérifiés. On peut s’étonner, par exemple, de ne voir quasiment aucune dépense liées à l’affichage (seul François Holllande affiche une somptuaire dépense de 572€ en la matière)
Il faut dire que, un peu comme dans le monde merveilleux des aides à la presse, les frontières de chaque poste de dépense sont assez floues et il n’est pas impossible qu’un candidat ait sous-estimé ses dépenses en ligne ou qu’un autre ait décidé d’y inclure des charges de personnel sans rapport évident avec le numérique…

Malgré tout, l’échelle est sans pitié. Le numérique a bel et bien fait son apparition dans la présidentielle 2012, avec des équipes professionnalisées et imaginatives. Mais les chiffres de campagne risquent de dégonfler les melons et remettre le numérique à la place où les politiques le mettent pour le moment : 5% à peu près.
Et après ça, certains vont se dire déçus de la politique numérique ? On peut pourtant penser que l’on pouvait s’y attendre…

Source: Erwanngaucher

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